MAIS QUI EST BOUAZZA ?

Si Dar Bouazza signifie la « maison de Bouazza », la paternité de « Darb » est entourée de mystère. Enquête sur un nom qui est sur toutes les lèvres.

Une balade comme une plongée dans l’histoire, trois siècles en arrière.  Il faut vous aventurer dans les pistes qui jouxtent la très en vue Jack Beach pour découvrir les vestiges de la Kasbah de Bouazza. Elle est là, témoin du temps qui passe, les murs abîmés par les années, et toujours impérieuse, trônant sur sa colline, regardant vers l’Océan, quelques champs à ses pieds.

S’il ne faut pas être un traducteur émérite pour comprendre que le « Dar » de Dar Bouazza évoque cette Kasbah, Bouazza reste à élucider. Amateurs de récits historiques et de Cluedo ? Sur Bouazza, les rumeurs les plus folles, et les plus contradictoires courent.

Serait-il un riche commerçant ? Un pirate ? Les avis divergent.

L’homme qui prête son nom à la région, aurait été un casablancais, employé d’abord chez un nanti, nommé Lahcen, avant de devenir à son tour puissant commerçant, reprenant la gestion des affaires de son patron, jamais revenu d’un pèlerinage à la Mecque. Bouazza, véritable start-upper en son temps, aurait profité des fréquents passages des navires anglais pour fructifier son commerce, leur proposant orge, blé, laine et autres marchandises, et acquérant des armes de son côté. Au firmament de sa richesse, Bouazza, maçon de profession, aurait alors entreprit de construire sa Kasbah, surplombant la mer. Entre ses murs, des trésors, des armes y seraient toujours dissimulés.

Romanesque ? La deuxième identité potentielle de Bouazza l’est encore plus. Si certains affirment qu’il était un respectable notable, d’autres racontent que Bouazza aurait sévit sur la colline XIXe siècle, en véritable tyran et impitoyable voleur, guettant ses proies depuis sa stratégique Kasbah. Attendant les navires, qu’il attirait sur la côte en y allumant des feux, il s’emparait de leur cargaison, vivant de ses pillages. Dans ce portrait peu reluisant de Dar Bouazza, il y est également dépeint comme un homme sanguinaire, assassinant à tour de bras, et despotique envers femmes, esclaves et employés.

Si certains soulèvent des écueils dans les deux versions de l’identité de Bouazza, comme l’impossibilité de vendre des marchandises agricoles aux Anglais à une époque où la région était aride sans véritable capacité de production, d’autres préfèrent voir dans cette origine opaque tout le charme d’une bourgade qui n’en finit pas de raconter ses histoires au fil de son exploration.

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